Par son simple titre, Don't Look Back nous met au défi de ne pas regarder en arrière. De ne pas repenser à cette époque lointaine où le jeu vidéo se déclinait en trois couleurs baignées de sons midi. Ne pas non plus se remémorer quoique ce soit, lorsque l'on démarre haut comme trois pixels auprès d'une énigmatique tombe dont on ne sait pas grand chose, hormis qu'elle nous évoque déjà quelque chose de nostalgique. Le jeu nous conseille succinctement de bouger et puis nous laisse là , seul sous la pluie avec une stèle encadrée de branches tordues pour seul panorama.
Alors on démarre, après avoir regardé plusieurs fois en arrière, cela va de soit. On traverse quelques écrans et bien vite, les première difficultés surgissent en mettant en exergue leur parenté avec la lettre S comme silence ou sinueux. Aucune consigne, aucune histoire... il faut éviter ce serpent. N'est ce pas ce que les jeux vidéos ont toujours attendu de nous ?
Quand on finit par y arriver, et bien on avance encore.
Don't Look Back n'est pas très long mais c'est un voyage au dépouillement poignant qui sait toucher les endroits sensibles : l'égo face au challenge, le cœur par son ambiance et l'intellect par son style. C'est une balade avec un pistolet mais les quelques notes de musique qui planeront de temps en temps dans l'air donnent envie de protéger quelqu'un, pas de tuer.
Le jeu n'est pas facile, il faudra parfois de nombreux essais pour franchir un seul écran mais on nous invite à la persévérance en nous faisant toujours recommencer sur le dernier obstacle.
Et bien sûr, la "fin" vaut la peine d'être vécue. C'est à ce moment là que le titre prend tout son sens dans une allusion que je ne vous révèlerai pas pour ne pas gâcher le plaisir que l'on prend à la découvrir.
Bref, un jeu qui nous rappelle que le midi peut faire ressentir des émotions et que trois pixels suffisent à fouetter l'imagination.
Don't Look Back
Par Sifflote :: Nostalgie :: lundi 21 juin 2010 à 17:40







